Cardiomyopathie dilatée : une nouvelle compréhension des prédispositions génétiques

17 mars 2021

L’équipe Génomique et Physiopathologie des Maladies du Myocarde (Unité Inserm 1166 / Sorbonne Université) de l’ICAN (Institute of Cardiometabolism And Nutrition) publie dans l’European Heart Journal les résultats de la plus grande étude d’association pangénomique réalisée à ce jour sur la Cardiomyopathie Dilatée (CMD).

Les résultats

L'insuffisance cardiaque concerne plus de 1 million de personne en France. Il s’agit d’une défaillance de la pompe cardiaque menant à une diminution des apports en oxygène et en nutriments pour répondre aux besoins métaboliques du corps. L’insuffisance cardiaque est responsable de plus de 70 000 morts chaque année. Elle touche plus particulièrement les personnes de plus de 70 ans mais elle peut également être une maladie de l'enfant et engendrer des morts subites chez des personnes jeunes. Une des formes principales de l’insuffisance cardiaque est l’insuffisance cardiaque systolique c’est-à-dire avec altération de la contraction du muscle cardiaque.

Sophie Garnier, maître de conférences dans l'équipe dirigée par le Pr Philippe Charron a mené les travaux de recherche permettant de mieux comprendre les bases génétiques de la cardiomyopathie dilatée, une cause majeure de l'insuffisance cardiaque systolique et la première indication de la transplantation cardiaque toutes causes d’insuffisance cardiaque confondue.

Il s’agit de la plus grande étude d'association pangénomique (analyse de nombreuses variations génétiques) réalisée à ce jour sur la cardiomyopathie dilatée, avec 2719 patients et 4 440 témoins dans la phase initiale. L’équipe a identifié deux nouvelles régions du génome associées à la maladie sur les chromosomes 3 et 22, tout en confirmant deux autres régions précédemment identifiées sur les chromosomes 1 et 10. Des analyses supplémentaires, notamment sur culture de cellules cardiaques reprogrammées, ont permis de très fortement suspecter les deux gènes en cause au sein des chromosomes 3 et 22.

Enfin, un score de risque polygénique a été construit pour la première fois dans la CMD à partir du nombre de variants génétiques à risque dans les quatre régions du génome. Le score permet de relier le nombre cumulé de variants génétiques au sur-risque, ou sous-risque, de développer la maladie. Ce score peut avoir des implications pratiques en améliorant la prédiction de l’insuffisance cardiaque systolique et donc la meilleure identification des personnes à haut risque qui peuvent bénéficier d'une prise en charge précoce.

Cette étude représente une grande avancée dans la compréhension de l'architecture génétique de la cardiomyopathie dilatée et met en lumière de nouvelles voies biologiques impliquées dans le mécanisme de l'insuffisance cardiaque, avec des applications thérapeutiques potentielles, ainsi que la possibilité d'une meilleure stratification du risque.

Légende 

Cellules cardiaques humaines issues de cellules reprogrammées afin d’étudier les facteurs génétiques identifiés.

En savoir plus

Genome-wide association analysis in dilated cardiomyopathy reveals two new players in systolic heart failure on chromosomes 3p25.1 and 22q11.23

Institue of Cardiometabolism And Nutrition (ICAN)

Equipe Génomique et Physiopatholgie des Maladies du Myocarde

Contact : Francine Trocmé, Directrice du mécénat et de la communication

f.trocme@ican-institute.org


Retour à la liste des actualités
^ Haut de page
Voir Modifier Créer ici
Facebook Twitter Google+ Linkedin Viadeo Delicious StumbleUpon Evernote Scoop it Netvibes