"Elles sont l'Inserm" : Charlotte Auriau

17 mars 2021

Cette semaine pour le dernier épisode de notre série « Elles sont l’Inserm » découvrez le portrait de Charlotte Auriau, technicienne en expérimentation animale et en élevage au sein de l’Institut Bicêtre / Paul Brousse (Unité Inserm 44 / Université Paris Saclay).

Quel poste occupez-vous au sein de l’Inserm ?

Charlotte Auriau : Je suis technicienne en expérimentation animale et en élevage au sein de l’Institut Bicêtre / Paul Brousse (Unité Inserm 44) à l’Hôpital Paul Brousse, à Villejuif. L’unité est spécialisée dans la recherche médicale en oncologie. J’accompagne les chercheurs dans leurs projets scientifiques. Je les assiste donc dans leurs travaux pour évaluer l’efficacité des traitements élaborés en laboratoire. Je suis responsable d’élevages et de maintien de plusieurs lignées de souris. J’aime à définir mon poste plutôt comme technicienne en soin animal. C’est-à-dire que je prends soin des animaux du début jusqu’à la fin de leur vie dans le cadre de la charte éthique et des lois en vigueur. Je veille au quotidien à ce que mes collègues, chercheurs, respectent ces normes. Je m’assure que l’animal soit toujours respecté. Ce sont des êtres vivants qui doivent vivre dans de bonnes conditions. Je me dois de leur apporter des soins au quotidien si nécessaire. L’animal n’est aucunement en souffrance.

© Charlotte Auriau

Quelle formation avez-vous suivie ?

C.A. : J’ai eu une trajectoire quelque peu atypique. J’ai obtenu un BEP Secrétariat à Juvisy en 2002. Durant les quatre ans qui ont suivi, j’ai exercé différents métiers : caissière, manutentionnaire en usine, femme de ménage… Après ce début de vie professionnelle difficile, j’ai repris des études. En 2007, j’ai décroché mon Brevet professionnel de technicienne recherche & développement au CFPPA de Vendôme ainsi qu’une habilitation 2 [aujourd’hui désignée comme « Formation praticien », NDLR], qui autorise à appliquer des procédures expérimentales.

Où avez-vous ensuite exercé ?

C.A. : J’ai débuté de 2008 à 2009 l’hôpital à Henri Mondor, à Créteil, par un poste à mi-temps d’animalière et un autre à mi-temps comme agent technique dans un laboratoire d’analyse des tissus biologiques. Ensuite, j’ai exercé dans l’unité de recherche « Immunologie des Cellules Dendritiques » (Unité Inserm 818) à l’Institut Pasteur. J’étais la seule technicienne en charge d’accompagner les scientifiques dans leurs recherches sur les défenses immunitaires. J’y ai travaillé en tant que contractuelle jusqu’en 2013, année où j’ai rejoint le Centre de Recherche des Cordeliers (CRC), dans le VIème arrondissement de Paris. Là, je n’étais pas rattachée à une équipe en particulier mais à une animalerie sollicitée par de nombreuses équipes de recherche. En 2014 j’ai passé le concours de « technicien animalier Inserm ». En 2016, j’ai intégré mon unité actuelle au sein de l’hôpital Paul Brousse.

De votre expérience dans le milieu de la recherche, avez-vous ressenti une quelconque discrimination du fait d’être une femme ?

C.A. : Jamais. À Paul Brousse, je ne ressens pas de différence de traitement entre les hommes et les femmes. J’ai de nombreuses responsabilités. J’ai mes propres élevages de lignées de souris. J’encadre et je forme les nouveaux entrants à l’animalerie. Je suis également conseillère en hygiène et sécurité et j’ai donc à faire respecter par tous les consignes dans l’animalerie et le bâtiment. Par le passé, dans les autres établissements de recherche, je n’ai pas non plus ressenti une quelconque discrimination. Que ce soit à Henri Mondor ou à Pasteur, les équipes dans lesquelles je travaillais étaient également mixtes. Dans le premier établissement, j’ai été recrutée par une femme ; dans le second, par un homme. Au CRC, nous étions une équipe de 14 personnes où il y avait autant d’hommes que de femmes. Tout le monde se soutenait. Dans mes expériences professionnelles précédentes, ça n’a pas toujours été le cas…

Avez-vous eu à subir des discriminations en tant que femme ?

C.A. : Oui. Par exemple lorsque j’étais femme de ménage, il n’y avait que des hommes qui dirigeaient. J’ai aussi eu à subir d’autres formes de discrimination quand j’étais caissière. J’étais en surpoids sans être plus forte et je me rappelle que l’on me confiait les tâches pénibles comme la mise en rayon de sacs très lourds. Heureusement, il n’en a pas été de même partout. En usine, il y avait une bonne cohésion d’équipe et aucun favoritisme.

La société vous semble-t-elle aller dans le sens de la parité homme-femme ?

C.A. : Depuis que je suis entrée à l’Inserm j’ai pu constater qu’il y avait plus de femmes à des postes de responsabilités administratives au sein des délégations régionale Paris 11 et Paris 6-12. Je trouve que la mixité a du bon et constate que le travail fourni est tout autant de qualité. En règle générale, j’ai l’impression que l’égalité femme-homme est plus respectée aujourd’hui dans toutes les sphères professionnelles. Les hommes peuvent bénéficier du congé paternité et prendre ainsi part à l’arrivée du nourrisson. Des métiers autrefois réservés aux hommes sont désormais accessibles aux femmes. La société évolue dans le bon sens.

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