Inserm in vivo n°6 - Nutrition : les travaux des unités en Île-de-France

26 juin 2019

Retrouvez dès à présent la version intégrale de l'article de Une de votre magazine interne Inserm in vivo, consacré aux laboratoires de recherche franciliens travaillant dans le domaine de la nutrition.

À l’Inserm, la nutrition est une thématique de recherche aux enjeux majeurs pour renforcer nos connaissances en biologie, mieux traiter les maladies qui y sont associées, et orienter la prise de décisions quant aux politiques publiques de santé. Voici un aperçu non-exhaustif des travaux menés, selon des approches complémentaires, dans nos laboratoires franciliens...

Axe 1 : De l’échelle cellulaire au microbiote intestinal

Défini comme l’ensemble des micro-organismes (bactéries, virus, parasites…) vivant dans l’intestin grêle et le colon, le microbiote intestinal est au cœur de nombreux travaux de recherche. Il est impliqué, entre autres, dans les fonctions digestives, métaboliques et immunitaires de notre corps. Son déséquilibre peut être ainsi à l’origine de plusieurs maladies inflammatoires ou du métabolisme.

De plus, le microbiote intestinal collabore avec les cellules du tube digestif de notre organisme pour assurer l’assimilation des aliments, qui garantissent la disponibilité en nutriments. Ces derniers sont en effet indispensables à la croissance cellulaire.

L’étude de notre microbiote, ainsi que des mécanismes d’utilisation des nutriments sous-jacents de notre métabolisme, représente un enjeu central en recherche pour comprendre l’origine de nombreuses maladies.

Parmi nos laboratoires impliqués :

  • Au Centre de recherche Saint-Antoine (unité Inserm 938 / CNRS / Sorbonne Université), l’équipe Microbiote, intestin et inflammation tente de déchiffrer les mécanismes sous-jacents aux interactions microbiome-hôte et s’intéresse à la pathogenèse de maladies intestinales telles que la maladie de Crohn, ou les colites ulcéreuses.
  • À l’Institut Necker - Enfants Malades (unité Inserm 1151 / université Paris Descartes / CNRS), l’équipe Contrôle de la croissance cellulaire par les nutriments cherche à mieux comprendre les mécanismes responsables du métabolisme cellulaire et comment les cellules utilisent les nutriments dont elles ont besoin.
  • À l'Institut Imagine (Unité Inserm 1163 / Université Paris Descartes), le laboratoire d’immunité intestinale  étudie le système immunitaire associé à l’intestin ainsi que ses implications en pathologie humaine.
  • Par ailleurs, l’équipe Inflammation, chimiokines et immunopathologie (Unité Inserm 996 / Université Paris Sud) analyse l’implication du microbiote intestinal dans la carcinogénèse et les mécanismes d’inflammation du foie afin de trouver de nouvelles cibles thérapeutiques.
  • L'unité Immunologie des tumeurs et immunothérapie (unité Inserm 1015 / Université Paris-Sud / Institut Gustave Roussy) à Villejuif étudie les liens entre microbiote et inflammation / immunité pro- ou anti-tumorales, en définissant l’impact des thérapies spécifiques dans ces régulations.
  • Enfin, à l’hôpital Pitié-Salpêtrière, l’unité Nutrition et obésités : approches systémiques (unité Inserm 1269 / Sorbonne Université) examine, entre autres, l’impact du microbiote sur la progression de l’obésité ainsi que son implication dans les troubles métaboliques. Plusieurs axes de travail sont définis, comprenant l’étude de l’intestin, du microbiote, des tissus adipeux et leurs interactions. L’équipe travaille également sur la création d’outils innovants pour étudier la biologie des systèmes (prédiction de la physiologie, visualisation des maladies) et analyser les données. Finalement, le but est d’arriver à développer des diagnostics innovants et des nouvelles approches thérapeutiques pour les patients.

Axe 2 : Pathologies de la nutrition : mécanismes et traitements

Si les liens entre régime alimentaire équilibré et bonne santé ne sont plus à prouver, il reste beaucoup à apprendre de l’étude des mécanismes biologiques mis en jeu dans plusieurs pathologies influencées par l’alimentation : diabète de type 2, maladies cardiovasculaires, cancers…

Ces équipes et laboratoires étudient le développement de nouvelles stratégies thérapeutiques :

  • Au Centre de Recherche sur l’Inflammation (unité Inserm 1149 / CNRS / Université Paris Diderot, CRI), ce sont les chirurgies bariatriques, en tant que traitements de l’obésité et les mécanismes d’adaptation qu’elles engendrent au sein du tractus gastro-intestinal, qui sont étudiées.
  • À l'Institut Cochin (unité Inserm 1016 / CNRS / Université Paris Descartes), les équipes du département Endocrinologie, métabolisme, diabète (EMD) souhaitent approfondir le rôle, qu’il soit protecteur ou délétère, des cellules immunitaires impliquées dans le développement et la régulation du diabète et de l’obésité.
  • Comprendre les mécanismes des pathologies nutritionnelles pour mieux les traiter : tel est le but de l’Unité de recherche les maladies cardiovasculaires, du métabolisme et de la nutrition (unité Inserm 1166 / Sorbonne Université), dont les cinq équipes croisent des approches cliniques et fondamentales pour y parvenir. Ces interactions sont cruciales pour progresser dans la compréhension des pathologies et découvrir des traitements. Les maladies cardiovasculaires, l’obésité, le diabète, la stéatose hépatique non-alcoolique et les dyslipidémies sont les pathologies à l’étude par l’équipe. Leur objectif est de développer une médecine personnalisée et des soins innovants, tout en diffusant la connaissance scientifique aux professionnels comme au grand public.

Axe 3 : L’épidémiologie, clé de la prévention ?

Sédentarisation, essor des activités passives, déstructuration de l’alimentation, abondance d’aliments transformés… tant de modifications de nos modes de vie qui impactent notre nutrition et donc notre santé. La recherche épidémiologique permet de mieux connaître les habitudes de la population générale, afin de définir les messages clés en matière de prévention publique.

Ces structures s’y intéressent :

  • Au Centre de Recherche en Épidémiologie et Statistiques (unité Inserm 1153 / Université Paris Descartes / Université Paris Diderot / Université Paris 13 / Inra / Cnam, CRESS), l’Équipe de Recherche en Épidémiologie Nutritionnelle (EREN) a pour objectif d’approfondir les connaissances en épidémiologie de l’alimentation afin d’orienter les politiques de santé publique nationales. L’exemple le plus probant est celui du Nutri-Score, déployé en 2016 par le gouvernement, dans le cadre de la loi de modernisation du système de santé.
  • Étudier les conséquences de l’alimentation sur la population générale est aussi primordial pour mettre en place une prévention optimale. Au Centre de recherche en Épidémiologie et Santé des Populations (unité Inserm 1018 / Université Paris-Sud, CESP), l’équipe Générations et santé analyse son influence sur le développement et la progression de pathologies telles que le diabète, le cancer ou les maladies cardiovasculaires.

Ces différentes approches investiguées par plusieurs de nos unités franciliennes sont primordiales pour renforcer nos connaissances dans le domaine de la nutrition et faire progresser la recherche au niveau national, mais également international.

Article rédigé par Lucie VILLENEUVE


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