L'activation de l'AMPK à l'étude pour soigner la stéatose hépatique

19 janvier 2018

Marc Foretz de l'Institut Cochin met en évidence dans EBioMedicine le rôle bénéfique de l'AMPK dans la réduction significative de la stéatose hépatique non-alcoolique (NAFLD) du foie. Des résultats qui pourraient aboutir à une solution thérapeutique de cette maladie dont aucun traitement n'est à l'heure actuelle reconnu.

Marc Foretz¹, chercheur à l’Institut Cochin, publie ce mois-ci dans la revue EBioMedicine² une étude mettant en évidence le rôle d’un senseur énergétique intracellulaire, l’AMPK, dans la réduction significative de la stéatose hépatique non-alcoolique (en anglais NAFLD pour non alcoholic fatty liver disease), une pathologie pour laquelle aucun traitement reconnu n’existe encore.

Le contexte

La stéatose hépatique non-alcoolique est une affection chronique se traduisant par une accumulation excessive de triglycérides dans les cellules du foie. Étroitement associée à l’obésité et au diabète de type 2, cette maladie peut évoluer en stéatohépatite (en anglais NASH pour non alcoholic steatohepatitis) et dans les cas les plus sévères vers une cirrhose ou un cancer du foie. Touchant plus d’un Français sur dix, elle représente un réel problème de santé public.

Coupes histologiques de foie présentant une NAFLD avant et après activation de l'AMPK

Marc Foretz et son équipe ont exploré une piste moléculaire de traitement de cette maladie : l’activation de l’AMPK (AMP-activated protein kinase), une enzyme capable de fournir une réponse adaptée lors de fortes dépenses énergétiques (effort physique, jeûne de longue durée). Celle-ci a pour but de préserver les niveaux d’ATP – principale monnaie d’échange énergétique des cellules – via des modifications métaboliques. En l’occurrence, l’activation de l’AMPK inhibe la synthèse des lipides et en stimule la dégradation, afin de produire de l’ATP. Un processus qui laisse penser que l’AMPK pourrait réduire l’excès lipidique dans le foie, observée lors de la NAFLD.

 

Les résultats

A partir d’approches génétiques et pharmacologiques dans des modèles de NAFLD, les chercheurs ont prouvé que l’activation de l’AMPK permet une normalisation des niveaux de lipides dans le foie, menant à une guérison de la maladie. Cette amélioration résulte d’une inhibition de la production de lipides couplée à une élimination des acides gras dans le foie.

Les auteurs suggèrent par ailleurs que la réduction de l’excès de graisse hépatique par l’activation de l’AMPK pourrait améliorer la sensibilité à l’insuline et participer à un meilleur contrôle des fonctions métaboliques du foie chez des patients diabétiques (type 2) atteints de stéatose hépatique.

Les perspectives

Les résultats obtenus par l’équipe de Marc Foretz laissent entrevoir la possibilité de faire de l’activation pharmacologique de l’AMPK un traitement thérapeutique de la stéatose hépatique. Cette méthode constituerait ainsi une alternative utile et efficace pour les patients, notamment au regard des consignes parfois difficilement applicables ou peu respectées en matière d’alimentation qui leur sont recommandées.

Références

  1. Équipe « Gènes, nutriments et fer », Unité Inserm U 1016, Centre de Recherche Institut Cochin
  2. AMPK re-activation suppress hepatic steatosis but its downregulation does not promote fatty liver development

Pour aller plus loin

Stéatose hépatique : comment les cellules grasses pourraient devenir tumorales (Site web Inserm, mars 2015)
Dossier d'information Inserm : Cirrhose, une maladie du foie d'origine inflammatoire


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