L’expression des ligands NKG2D : une mesure de l’agressivité du cancer du foie ?

09 février 2021

Au Centre de Recherche des Cordeliers (Unité Inserm 1138 / Sorbonne Université / Université de Paris) l’équipe « Prolifération, Stress et Physiopathologie Hépatique » publie dans Journal of Hepatology les résultats d’une étude s’intéressant à l’expression de certains ligands cellulaires impliqués dans les mécanismes d’immunosurveillance dans le cadre du carcinome hépatocellulaire (CHC).

Les résultats

Le carcinome hépatocellulaire est un cancer primitif du foie, le plus fréquent chez les adultes et la cause de décès la plus fréquente chez les personnes atteintes de cirrhose. Il s’agit d’une tumeur grave pour laquelle les options thérapeutiques demeurent limitées.

Mathilde Cadoux, doctorante dans l’équipe du professeur Jean-Pierre Couty a étudié l’expression des ligands du récepteur NKG2D chez l’Homme et la souris dans le cadre du CHC. Le récepteur NKG2D est présent à la surface des cellules impliquées dans la surveillance immunitaire. Certains facteurs de stress issus des cellules tumorales peuvent s’y fixer. Le couple récepteur/ligand forme alors ce qu’on appelle des mécanismes d’immunosurveillance qui, lorsqu’ils sont actifs et efficaces, reconnaissent les cellules tumorales exprimant les ligands et les détruisent.

L’étude a été menée sur une cohorte de patients atteints de CHC, certains présentant une activation oncogénique de la signalisation ß-caténine. Les cancers présentant des mutations activatrices de cette voie de signalisation sont peu inflammatoires et ont de meilleur pronostic. Les analyses ont été répétées chez des modèles murins récapitulant les principaux groupes de CHC humains.

Les résultats démontrent que la présence des ligands de NKG2D, donc l’activation du système d’immunosurveillance, est associée à une forte agressivité des tumeurs conduisant à un mauvais pronostic pour les patients. En effet, l’expression de ces ligands conduirait en permanence à une activation chronique du récepteur NKG2D porté par les cellules immunitaires, générant ainsi une réponse inflammatoire non contrôlée favorisant la progression tumorale. Leur diminution par l’activation oncogénique de la β-caténine permettrait d’expliquer en partie le phénotype peu inflammatoire ainsi que le meilleur pronostic de ce groupe de CHC.

En conclusion les chercheurs ont démontré que l’activation du système d’immunosurveillance NKG2D est associée à un mauvais pronostic dans les cancers du foie. Ceci serait dû à l’inflammation chronique générée par l’expression des ligands NKG2D conduisant à des vagues successives de destruction et prolifération des cellules tumorales. Ces résultats permettraient d’envisager à plus long terme de nouvelles pistes thérapeutiques en ciblant ce système d’immunosurveillance.

Légende

Illustration des différentes réponses au stress oncogénique avec (droite) ou sans (gauche) activation de la voie de signalisation de la ß-caténine.

Références

 

Contact chercheur : mathilde.cadoux@inserm.fr / jean-pierre.couty@inserm.fr

 


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