Les Apprentis Chercheurs en Ile-de-France – Épisode 1 : Institut Cochin

15 mars 2018

Depuis 2004, l’Inserm accueille en unités le dispositif de médiation scientifique Apprentis Chercheurs, créé par l’association L’Arbre des Connaissances, qui permet d’ouvrir les portes des laboratoires de recherche à de jeunes collégiens et lycéens tout au long de l’année scolaire pour les sensibiliser à la démarche scientifique. Encadrés par des doctorants, ingénieurs et chercheurs, les élèves répartis en binômes viennent un mercredi après-midi par mois réaliser un projet scientifique lié à la thématique étudiée par leur équipe d’accueil.

L’aboutissement ? La présentation de leurs travaux en public lors d’un congrès auquel sont conviés leur entourage et leurs enseignants, ainsi que la remise d’un certificat d’initiation à la recherche !

En Ile-de-France, plusieurs équipes de l’Inserm s’impliquent tous les ans dans ce dispositif et accueillent des binômes dans leurs murs. Nous avons décidé de suivre plusieurs de ces actions dans différents centres de recherche. Pour ce premier épisode, nous sommes allés à la rencontre des Apprentis Chercheurs accueillis à l’Institut Cochin – participant depuis 2006 – en compagnie de Laurence Bénit, chargée de recherche CNRS et référente du dispositif de ce site, et de leurs enseignants de SVT.

Des questions et de la curiosité

Notre immersion au cœur de l’Institut Cochin se fait en compagnie d’Alma et de Luce, respectivement en classe de 3ème (collège Saint-Exupéry) et de 1ère (lycée Claude Monet), qui sont encadrées dans l’équipe de Catherine Postic et de Tarik Issad par trois doctorantes, Dalale, Wafa et Paula. Ce groupe de recherche s’intéresse à la régulation de la sensibilité à l’insuline par l’organisme et aux altérations métaboliques observées, notamment dans le cadre du diabète.

Lors de notre visite, le binôme s’attèle à la coloration de lipides sur des coupes cellulaires de foie, afin de mettre en évidence une protéine, le facteur de transcription ChREBP. Les travaux de recherche de l’équipe visent notamment à mieux comprendre l’implication de cette protéine dans la modulation de la sensibilité à l’insuline dans le tissu adipeux et le foie.

Heureuses de prendre part à ce projet, les jeunes apprenties semblent tout de même impressionnées devant la présence de leurs enseignants, spécialement venus leur rendre visite cet après-midi. C’est d’ailleurs l’occasion pour eux de leur poser quelques questions afin de faire le lien avec le programme étudié en classe !

Pour leurs trois encadrantes, Alma et Luce savent se montrer curieuses et posent régulièrement des questions, marquant leur intérêt pour le projet. Il faut dire qu’elles ont dû rédiger une lettre de motivation pour être sélectionnées dans ce dispositif, une vraie chance ! Par ailleurs, elles ont pu suivre l’une des précédentes séances en anglais : un exercice pas toujours évident mais néanmoins formateur pour les jeunes filles.

« Je passais devant l’Institut tous les matins ! »

Nous allons ensuite à la rencontre de Jeanne et Léopold, qui sont eux encadrés par Camille (assistante ingénieur) et Séverine (doctorante) dans l’équipe de Sophie Vaulont et Benoit Viollet, dont les travaux portent sur les liens entre gènes, nutriments et fer. C’est en pleine session de culture cellulaire que nous les retrouvons, attentifs aux consignes dispensées par leurs référentes.

A propos de cet exercice de médiation d’un genre particulier, Camille et Sophie répondent qu’« il est intéressant de prendre du recul vis-à-vis de son travail quotidien, cela permet également de retranscrire toutes nos informations avec un vocabulaire plus évident, plus accessible ». Une mission que les deux jeunes femmes remplissent avec intérêt et dans la bonne humeur.

Cette expérience enrichissante semble fonctionner dans les deux sens : Jeanne explique qu’avant de devenir une Apprentie Chercheuse, elle « passait devant l’Institut pour aller au collège, sans savoir ce que c’était ». Elle y passe désormais une après-midi par mois afin de tenter de décortiquer le mode d’action de l’AMPK, un senseur énergétique, dans la régulation de l’utilisation de sources d’énergie par le corps lors de dépenses physiques ou de situations de stress.

Face aux questions de leurs professeurs, les deux élèves arrivent sans difficulté à retranscrire les nombreuses informations qui leur sont dispensées : un pari réussi pour le duo. Il leur faudra espérer faire aussi bien lors du congrès final organisé en mai !

« L’anglais au laboratoire, on s’y habitue rapidement »

Koliane et Angela sont encadrées par Charlotte, une étudiante de L3 en alternance dans le laboratoire de Julie Chaumeil, dont l’équipe étudie le rôle fonctionnel de la conformation chromosomique et l’organisation nucléaire lors de la régulation de la recombinaison génétique pendant le développement des lymphocytes. Charlotte juge l’expérience très stimulante, car elle lui « permet d’apprendre en même temps », elle qui se revoit à la place des deux jeunes élèves, posant beaucoup de questions aux membres de l’équipe lors de son arrivée.

Au-delà de l’apprentissage d’informations scientifiques, ce dispositif fait également découvrir aux participants les règles et consignes de sécurité à respecter en laboratoire. Ainsi, Koliane et Angela expliquent notamment avoir appris les règles élémentaires d’hygiène et de sécurité, auxquelles les jeunes ne sont pas toujours formés au collège et au lycée. Elles expliquent avoir appris qu’il est important de « nettoyer le plan de travail avant et après manipulation, toujours mettre des gants et une blouse, voire des sur-chaussures et des charlottes dans certains cas. »

Par ailleurs, l’équipe de ce laboratoire étant constituée de membres de différents pays, c’est l’anglais qui domine les échanges au quotidien. Une règle à laquelle les deux élèves tentent de ne pas déroger : « C’était assez impressionnant au départ, puis on comprend vite que ce n’est pas si surprenant que ça, on s’y habitue » explique Angela.

Le mot de la fin…

Au total, l’Institut Cochin accueille cette année douze binômes d’Apprentis Chercheurs dans ses murs. Parallèlement à leur projet scientifique, les élèves doivent préparer une présentation de leur projet qu’ils exposeront à leurs encadrants et enseignants lors du congrès prévu à la fin d’année.

Les familles et camarades de classe des élèves sont aussi conviés à participer à ce rendez-vous. Au travers de cette action, les Apprentis Chercheurs deviennent de véritables ambassadeurs de la recherche dans leur établissement, et qui sait, de futurs réels chercheurs sommeillent peut-être parmi eux… ?

Lors du second épisode, nous irons à la rencontre des binômes accueillis au PARCC (Centre de Recherche Cardiovasculaire) pour recueillir les témoignages de nouveaux encadrants et participants !

Références

Centre de Recherche Institut Cochin

Les Apprentis Chercheurs de l'Arbre des Connaissances


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