Les Apprentis Chercheurs en Ile-de-France – Épisode 3 : l’Institut Biomédical de Bicêtre

27 avril 2018

Troisième épisode de notre série de reportages consacrés à l’action Apprentis Chercheurs organisée dans les laboratoires franciliens de recherche de l’Inserm ! C’est cette fois-ci dans l’unité Inserm 1176 (Inserm / CNRS / Université Paris-Saclay), située à l’Institut Biomédical de Bicêtre (I2B, Kremlin-Bicêtre) que nous sommes allés découvrir les projets scientifiques menés par les binômes et leurs encadrants autour de l’hémostase et de l’inflammation.

Quatre binômes qui sont accueillis à l’I2B, sous la coordination de Christelle Soukaseum, assistante ingénieure dans l’équipe de Cécile Denis, directrice de l’unité. C’est en sa compagnie que nous avons rencontré les élèves et découvert leurs projets scientifiques.

Étudier l’effet de la protéine S dans les cellules endothéliales

Le premier tandem que nous visitons est constitué d’Alexis (élève de 3ème au collège Dulcie September, Arcueil) et d’Amoura (1ère S au lycée Darius Milhaud, Kremlin-Bicêtre), encadrés par Christelle R., technicienne et François S., maître de conférences.

En tant qu’Apprentis Chercheurs, leur objectif est de parvenir à étudier l’effet de la protéine S dans les cellules endothéliales, molécule contenue dans le sang plasmatique et aux propriétés anticoagulantes, c’est-à-dire qui empêchent la formation de caillots dans les vaisseaux sanguins.

Un déficit d’expression de cette protéine dans l’organisme peut se traduire par le développement d’une thrombose, lors de laquelle se forme un thrombus (caillot), entravant la circulation du sang. Il faut d’abord essayer de détecter la présence de son récepteur, MerTk, en Western blot et en immunofluorescence, sur des cellules endothéliales en culture (HUVEC, issues de veines de cordons ombilicaux).

Pour cela, les élèves réalisent dans une immuno-électrophorèse, méthode de laboratoire qui consiste à coupler des anticorps spécifiques de la protéine recherchée (ici, des anticorps anti MerTk) à des échantillons (en l’occurrence sanguins), puis à faire migrer ces molécules sur un gel de polyacrilamide (SDS-PAGE) dans un champ électrique.

Cette technique permet de séparer les différentes protéines en fonction de leur poids : plus un complexe protéique est lourd, moins il migrera loin. Par comparaison aux poids de référence de l’anticorps et de la protéine recherchée, il est ainsi possible de déterminer si cette dernière est présente ou non dans l’échantillon étudié.

Ce protocole d’expérience, plutôt simple, permet à Christelle (encadrante pour la 2e année) d’initier les Apprentis à quelques-unes des principales techniques employées en biochimie : détection par des anticorps, dépôts d’échantillons sur gel, fabrication d’un gel d’électrophorèse… et évidemment, apprendre à interpréter les résultats obtenus. Pour Christelle, ce dispositif est avant tout « une bonne opportunité de faire découvrir à ces jeunes le monde de la recherche, et de manière générale celui du travail ».

Un avis confirmé par Amoura, qui explique ainsi qu’elle « compte très prochainement se renseigner sur les emplois accessibles dans ce milieu, et les parcours nécessaires pour y parvenir », tandis qu’Alexis confie n’avoir « jamais vu un vrai laboratoire, c’est assez impressionnant de se rendre compte de toutes les expériences qui s’y déroulent ».

Le temps de coagulation, une expérience clé pour étudier l’hémophilie

Autre groupe et autres expériences : Cécile L. (technicienne) et Sébastien V. (post-doctorant) expliquent à Héloïse et Erik (respectivement en 3ème et en 1ère dans les mêmes établissements) comment déterminer l’efficacité thérapeutique d’une molécule dite « candidate » pour vaincre l’hémophilie à l’aide d’une expérience courante lors d’analyses biologiques : le temps de coagulation.  

Pour rappel, l’hémophilie est définie comme un trouble de la coagulation : les individus hémophiles peuvent saigner de façon plus fréquente, et ce de façon plus longue que la normale. En l’absence de traitement adéquat, les conséquences de cette maladie génétique héréditaire peuvent être très sévères, avec notamment de fortes hémorragies en cas de blessure. À ce jour, les traitements par injections régulières de facteurs de coagulation fonctionnels restent la solution la plus efficace, mais ne reste que temporaire.

À la manière des chercheurs, les Apprentis réalisent donc un temps de coagulation à l’aide de plusieurs échantillons de plasma hémophiles contenant des concentrations croissantes de l’une des molécules-candidates, précisément à l’étude dans le laboratoire. Les échantillons sont déposés dans une cupule et vont être agités grâce à une bille magnétique.

Ensuite, on observe la présence ou non d’un caillot de fibrine dans l’échantillon, et le temps nécessaire la formation de ce caillot. L’expérience est considérée comme non concluante après deux cents secondes sans coagulation.

Alors que les élèves, enthousiastes et déjà parés de leurs blouses et gants, démarrent l’expérience avec Sébastien, Cécile nous explique ainsi apprécier l’encadrement de jeunes pour « mettre en contexte nos recherches, en expliquer l’intérêt aux élèves pour faire progresser les connaissances et traiter cette affection ».

Un avis que partage avec nous également François, ingénieur et encadrant d’un autre binôme, entre deux informations, accessibles et concises, délivrées à ses apprentis autour de la structure de la double hélice d’ADN, avant de leur montrer le principe d’une purification d’acides nucléiques à l’aide de billes magnétiques dans une colonne.

Le mot de la fin

Le bel investissement des membres d’équipes de recherche de l’Inserm semble porter ses fruits auprès des jeunes Apprentis Chercheurs : tous indiquent être ravis de leur participation au dispositif, réel tremplin pour l’initiation à la démarche scientifique et à l’univers de la recherche. Pour eux, le rendez-vous est donné : le congrès final, prévu le 30 mai prochain.

Et pour notre part, la prochaine visite se déroulera à l’hôpital Lariboisière, à la rencontre de nouveaux laboratoires franciliens de l’Inserm !

Références

Unité 1176 Inserm / CNRS / Université Paris-Saclay : « Hémostase, Inflammation, Thrombose »

L’Arbre des Connaissances


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