Mucoviscidose : les facteurs de risque de l’atteinte hépatique analysés à grande échelle

04 septembre 2018

Des équipes hospitalo-universitaires des unités Inserm 938 (Centre de Recherche Saint-Antoine, CRSA) et 1136 (Institut Pierre Louis d’Épidémiologie et de Santé Publique, IPLESP) ont mené sur une cohorte de patients atteints de la mucoviscidose une analyse de l’incidence et des facteurs de risque de l’atteinte hépatique. Publiés dans la revue Hepatology, les résultats renforcent la compréhension de ces complications et ouvrent la réflexion autour de pistes de prise en charge.

Le contexte

La mucoviscidose est une maladie génétique connue pour provoquer une accumulation excessive de mucus, principalement dans les voies respiratoires et digestives des patients. La maladie a également une incidence sur la fonction hépatique (foie), mais pour laquelle les facteurs de risque et les traitements ne sont pas encore complètement identifiés.

En France, un programme national de recherche des gènes modificateurs de la mucoviscidose – impliquant l’ensemble des Centres de Ressources et de Compétences de la Mucoviscidose (CRCM) – est mené depuis 2006.

Il a permis de constituer une cohorte de plus de 4 800 patients de tous âges, l’une des plus grandes constituée à ce jour au niveau international. Les équipes des unités Inserm 938 et 1136 ont mené une analyse longitudinale de l’atteinte hépatique de ces patients afin d’en déterminer les facteurs de risque ainsi que l’efficacité du traitement actuel, l’acide ursodésoxycholique.

Les résultats

L’analyse a permis de montrer que 40% des patients atteints de mucoviscidose seront concernés au cours de leur vie par une atteinte hépatique, dont 10% dans une forme sévère.

Plusieurs facteurs ont été corrélés à un risque plus important d’être concerné à un âge précoce :

  • être de sexe masculin
  • être porteur de la mutation F508del sur le gène CFTR, responsable de la mucoviscidose (mutation la plus fréquente)
  • avoir présenté un iléus méconial à la naissance, une forme d’obstruction intestinale néonatale

Les chercheurs ont également étudié l’efficacité thérapeutique de l’acide ursodésoxycholique, un traitement administré de plus en plus précocement depuis une dizaine d’années aux patients pour prévenir l’apparition de complications hépatiques.

D’après leurs conclusions, celui-ci s’avère en réalité inefficace.

Les perspectives

Si l’espérance de vie des patients atteints de mucoviscidose était très limitée dans les années 60, elle dépasse aujourd’hui les 40 ans grâce aux progrès de la recherche et de la prise en charge thérapeutique. Cela se vérifie notamment par l’âge des patients suivis dans les CRCM français, la majorité d’entre eux étant adultes.

Cette étude permet de remettre en question certaines idées reçues sur la mucoviscidose.

En effet, elle montre que l’incidence de l’atteinte hépatique continue d’augmenter avec l’âge des patients et contredit l’idée selon laquelle elle ne se développerait que dans l’enfance.

Enfin, elle remet en question l’utilité de traiter les patients par l’acide ursodésoxycholique. La recherche de nouveaux traitements reste donc indispensable pour prévenir et / ou ralentir l’atteinte hépatique des patients atteints de mucoviscidose.

Cette étude a reçu le soutien des associations de patients Vaincre la Mucoviscidose, Agir Informer Contre la Mucoviscidose, et la Cystic Fibrosis Foundation.

Références

Cystic fibrosis liver disease : outcomes and risk factors in a large cohort of French patients, Hepatology

Centre de Recherche Saint-Antoine (Inserm U 938)

Institut Pierre Louis d’Épidémiologie et de Santé Publique, IPLESP (Inserm U 1136)


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